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Retours réussis :
No Country For Old Men
Tout simplement magistral. Tout a été dit sur la perfection de la mise en scène et cette traque d'anthologie entre Josh Brolin et Javier Bardem, tous deux incroyables. Les frangins Coen
filment avec un vrai sens de l'abstraction tous ces destins qui se croisent de façon totalement absurde dans cet engrenage fatal, que ce soit dans des paysages désertiques ou des chambres de
motel. Si le personnage de Tommy Lee Jones est un peu plus démonstratif, il apporte avec lui toute cette noirceur désenchantée qui culmine dans une conclusion aussi abrupte que
magnifique. Et puis franchement, qui aurait pu penser qu'un tueur arborant une coupe aussi ridicule pourrait être aussi terrifiant?
Lust, Caution
Après le triomphe du sublime "Brokeback Mountain", Ang Lee revient avec cette fresque romanesque sur une passion sulfureuse entre un agent des services secrets chinois et une
jeune résistante chargée de l'infiltrer. La grande force du film est sans conteste l'ambiguité de ce beau personnage féminin, dont on se demande si elle simule ses sentiments ou si elle
les ressent pour de vrai. Jusqu'où s'arrête la dissimulation et quand commence la trahison? Avec un classicisme assez subtil, Ang Lee parvient à rendre limpide la
brutalité et la complexité des rapports humains, et cela au prix d'une certaine distanciation qui n'empêche toutefois pas une réelle empathie. Cette réussite doit beaucoup à la présence
magnétique de la géniale Tang Wei, belle révélation qui tient la dragée haute face à un Tony Leung assez impressionnant.
Retours ratés :
Sweeney Todd
Depuis "Big Fish", son dernier coup d'éclat, le cinéma de Tim Burton semble de plus en plus asséché et désincarné, comme s'il était en pilotage automatique. Pour "Charlie et la
Chocolaterie", ça passait encore, mais depuis "Corpse Bride" et maintenant ce "Sweeney Todd", la magie n'y est presque plus. Le potentiel macabre de cette histoire de barbier diabolique
annonçait pourtant un grand retour, mais rien n'y fait : le film déroule de manière mécanique sa noirceur gothique, à l'image d'un Johnny Depp plutôt monolithique . Pas non plus emballé
par toutes ces chansons qu'on peut trouver atroces, alors qu'il s'agit d'une adaptation d'un spectacle de Broadway. Restent quelques bons moments qui sauvent parfois la mise : le concours de
barbier, les retrouvailles avec les rasoirs, et bien sûr la fameuse scène finale... Mais ça reste une déception.
Promets-moi
Ouh la douche froide. Emir Kusturica semble avoir atteint les limites de son cinéma autrefois vertigineux, et pour masquer son essoufflement créatif, s'égare dans cette agitation hystérique
et bourrative, triste caricature de son propre cinéma. Vain et pénible.
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