Mardi 5 février 2008
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Les Provinciales
de Blaise Pascal
Mise en scène : Bruno Bayen - Théâtre du Chaillot
Lumineuse adaptation de la célèbre oeuvre de Blaise Pascal, écrite sous formes de lettres évoquant les querelles théologiques entre les jansénistes et les jésuites qui dissertaient sur la
grâce nécessaire ou la grâce suffisante. Au premier abord, j'ai pensé que j'allais être paumé par ces dialogues peut-être trop spirituels ou trop obscurs pour l'inculte que je suis, mais il faut
bien s'accrocher car le mérite de la pièce est justement de saisir tout ce qu'il y a de limpide dans la pensée de Pascal, et surtout de donner envie de l'étudier de plus près, notamment
tout ce qui concerne la casustique, les théories de la probabilité, et le laxisme opportuniste des jésuites. Alors on devient assez vite fascinés par ce pamphlet plein de virulence
où le maniement de la parole devient un instrument de lutte pour le pouvoir, un thème qui reste toujours d'actualité dans la sphère politique. Et ça se termine en beauté par le récit du
miracle de la Sainte Epine, d'après Racine.
Cette obscurité féroce (Questo Buio Feroce)
de Pippo Delbono
Théâtre du Rond- Point
Incroyable choc théâtral pour cette pièce bigarrée d'un metteur en scène italien et séropositif qui célèbre la mort comme conscience lucide de la vie. Un univers poétique au sein de
la marginalité qui alterne avec brio les séquences oniriques et inattendues : le lent réveil d'un homme squelettique, l'ambiance morbide de la salle d'attente d'un hôpital, la
douleur d'un homme supplicié, l'éblouissement d'un défilé de silhouettes felliniennes sur la BO de "in the mood for love", l'improbable bonne humeur d'une reprise de la chanson "My Way",
le tournoi de chaussures de Cendrillon, sans oublier deux irrésistibles arlequins, dont l'un est incarné par un trisomique et l'autre un sourd-muet microcéphale. Ca aurait pu être un
enchaînement hasardeux de tableaux sans aucun liant, mais c'est en fait une sublime chorégraphie à la fois funèbre, macabre et complètement enjouée. Grandiose.
Par Vig
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Publié dans : Théâtre
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