Alors qu'il nous avait laissés sur une bonne impression avec son attachant (bien qu'imparfait) "Rocky Balboa", Stallone se ridiculise avec ce dernier volet des aventures de John Rambo. Car
en voulant lourdement dénoncer la barbarie du génocide birman et ses excès sanguinolents, Stallone tombe dans toutes les maladresses pour justifier des scènes de boucheries assez embarrassantes à
cause d'un premier degré très "chuck norrisien" et d'un nihilisme poseur. Nul.
Cloverfield
La rencontre entre le kaiju-eiga (film de monstres qui déciment des villes, genre né au Japon avec le célèbre Godzilla) et le reportage amateur, genre "Blair Witch". C'est un film-gadget
assez sympatoche et plutôt efficace (notamment les premières scènes de panique, très réussies) mais son potentiel trouve bien vite ses limites à cause d'un dilemme filmique : c'est une succession
de scènes paroxystiques entrecoupé de petites pauses, trahissant donc le fait qu'il s'agit d'un film écrit, préparé, construit... Or, un film amateur se doit de reproduire une constante
impression d'imprévisibilité et de spontanéité. Il y manque cette impression de chaos total, de gros bordel qu'on peut trouver dans les films d'action de Tsui Hark. De plus, ça donne l'impression
que le côté catastrophe n'est pas totalement assumé : excepté la scène en hélico, il n'y a quasiment pas de gros plans d'ensemble du monstre en train de détruire la ville (c'était même la règle
de base du kaiju-eiga). D'où un film de petit malin qui semble avoir le cul entre deux chaises.
Juno
Petit film assez mignon, même s'il se la joue parfois "film indé trop cool qui cherche à séduire" avec sa BOF branchouille et son dropping de références. Tout est fait pour que le public
tombe sous le charme de Juno, son look original, sa générosité, son sens de la répartie... Mais heureusement, la petite Ellen Page est tellement adorable que ça passe plutôt
bien. Et l'émotion affleure un peu dans la dernière partie, assez touchante, même si ça reste light.
A noter tout de même que Diablo Cody (la jolie scénariste du film, qui fut autrefois strip-teaseuse) se trompe gravement dans un dialogue qu'elle fait dire à ses persos : le
chiantissime "The Wizard of Gore" n'est en aucun cas meilleur que "Suspiria" (qui n'est pas juste qu'un film gore d'ailleurs)...
Tout simplement magistral. Tout a été dit sur la perfection de la mise en scène et cette traque d'anthologie entre Josh Brolin et Javier Bardem, tous deux incroyables. Les frangins Coen
filment avec un vrai sens de l'abstraction tous ces destins qui se croisent de façon totalement absurde dans cet engrenage fatal, que ce soit dans des paysages désertiques ou des chambres de
motel. Si le personnage de Tommy Lee Jones est un peu plus démonstratif, il apporte avec lui toute cette noirceur désenchantée qui culmine dans une conclusion aussi abrupte que
magnifique. Et puis franchement, qui aurait pu penser qu'un tueur arborant une coupe aussi ridicule pourrait être aussi terrifiant?
Lust, Caution
Après le triomphe du sublime "Brokeback Mountain", Ang Lee revient avec cette fresque romanesque sur une passion sulfureuse entre un agent des services secrets chinois et une
jeune résistante chargée de l'infiltrer. La grande force du film est sans conteste l'ambiguité de ce beau personnage féminin, dont on se demande si elle simule ses sentiments ou si elle
les ressent pour de vrai. Jusqu'où s'arrête la dissimulation et quand commence la trahison? Avec un classicisme assez subtil, Ang Lee parvient à rendre limpide la
brutalité et la complexité des rapports humains, et cela au prix d'une certaine distanciation qui n'empêche toutefois pas une réelle empathie. Cette réussite doit beaucoup à la présence
magnétique de la géniale Tang Wei, belle révélation qui tient la dragée haute face à un Tony Leung assez impressionnant.
Retours ratés :
Sweeney Todd
Depuis "Big Fish", son dernier coup d'éclat, le cinéma de Tim Burton semble de plus en plus asséché et désincarné, comme s'il était en pilotage automatique. Pour "Charlie et la
Chocolaterie", ça passait encore, mais depuis "Corpse Bride" et maintenant ce "Sweeney Todd", la magie n'y est presque plus. Le potentiel macabre de cette histoire de barbier diabolique
annonçait pourtant un grand retour, mais rien n'y fait : le film déroule de manière mécanique sa noirceur gothique, à l'image d'un Johnny Depp plutôt monolithique . Pas non plus emballé
par toutes ces chansons qu'on peut trouver atroces, alors qu'il s'agit d'une adaptation d'un spectacle de Broadway. Restent quelques bons moments qui sauvent parfois la mise : le concours de
barbier, les retrouvailles avec les rasoirs, et bien sûr la fameuse scène finale... Mais ça reste une déception.
Promets-moi
Ouh la douche froide. Emir Kusturica semble avoir atteint les limites de son cinéma autrefois vertigineux, et pour masquer son essoufflement créatif, s'égare dans cette agitation hystérique
et bourrative, triste caricature de son propre cinéma. Vain et pénible.
Les Provinciales
de Blaise Pascal
Mise en scène : Bruno Bayen - Théâtre du Chaillot
Lumineuse adaptation de la célèbre oeuvre de Blaise Pascal, écrite sous formes de lettres évoquant les querelles théologiques entre les jansénistes et les jésuites qui dissertaient sur la
grâce nécessaire ou la grâce suffisante. Au premier abord, j'ai pensé que j'allais être paumé par ces dialogues peut-être trop spirituels ou trop obscurs pour l'inculte que je suis, mais il faut
bien s'accrocher car le mérite de la pièce est justement de saisir tout ce qu'il y a de limpide dans la pensée de Pascal, et surtout de donner envie de l'étudier de plus près, notamment
tout ce qui concerne la casustique, les théories de la probabilité, et le laxisme opportuniste des jésuites. Alors on devient assez vite fascinés par ce pamphlet plein de virulence
où le maniement de la parole devient un instrument de lutte pour le pouvoir, un thème qui reste toujours d'actualité dans la sphère politique. Et ça se termine en beauté par le récit du
miracle de la Sainte Epine, d'après Racine.
Cette obscurité féroce (Questo Buio Feroce) de Pippo Delbono
Théâtre du Rond- Point
Incroyable choc théâtral pour cette pièce bigarrée d'un metteur en scène italien et séropositif qui célèbre la mort comme conscience lucide de la vie. Un univers poétique au sein de
la marginalité qui alterne avec brio les séquences oniriques et inattendues : le lent réveil d'un homme squelettique, l'ambiance morbide de la salle d'attente d'un hôpital, la
douleur d'un homme supplicié, l'éblouissement d'un défilé de silhouettes felliniennes sur la BO de "in the mood for love", l'improbable bonne humeur d'une reprise de la chanson "My Way",
le tournoi de chaussures de Cendrillon, sans oublier deux irrésistibles arlequins, dont l'un est incarné par un trisomique et l'autre un sourd-muet microcéphale. Ca aurait pu être un
enchaînement hasardeux de tableaux sans aucun liant, mais c'est en fait une sublime chorégraphie à la fois funèbre, macabre et complètement enjouée. Grandiose.
Un mélodrame chic et oscarisable, agréablement romanesque, mais qui retombe vite comme un soufflé. Dommage car la première partie, dominée par la jeune et prometteuse Saoirse
Ronan, séduit pour son influence rashomonienne dans son récit d'un malentendu sentimental qui aura des conséquences tragiques. Hélas, cette histoire d'expiation, après bien des
tatônnements (une partie centrale trop illustrative sur les horreurs de la guerre), ne fait que déboucher sur un épilogue bien démonstratif sur le pouvoir cathartique de la
fiction. Quant à la très glamour Keira, elle est plus convaincante dans sa pub pour Chanel.
Into the Wild de Sean Penn
Road-movie lyrique et magnifiquement photographié sur l'odyssée d'un jeune homme épris d'individualité qui plaque tout pour partir à la conquête de la liberté absolue. Si le
film est souvent casse-gueule dans ses partis-pris formels (Penn ne craint pas la grandiloquence), il trouve justement sa grande force dans le décalage permanent entre la naïveté de la quête
du jeune homme et la lucidité de son issue fatale. Ce paradoxe-là fait toute la justesse bouleversante de ce film profondément affectif et à fleur de peau, car en nous racontant
l'histoire désespérante de cet individualiste bêtement jusqu'au-boutiste, Sean Penn célèbre surtout le besoin de s'ouvrir aux autres, tout simplement et sans niaiserie. On aura rarement
vu des scènes de séparation aussi déchirantes.
Garage de Lenny Abrahamson
Le portrait d'un imbécile heureux qui s'occupe d'une station-service délabrée à la périphérie d'une petite ville du fin fond de l'Irlande. Il est solitaire, sans histoires, et toujours optimiste.
Mais il va quand même s'en prendre plein la gueule. S'il est vrai que les films qui mettent en scène des marginaux inoffensifs sont souvent lourdingues, on a ici une belle exception. En
particulier grâce à l'interprétation de Pat Shortt, qui donne une vraie épaisseur à ce personnage à la fois attachant et pathétique. Et le comique incongru de certaines situations se teinte
progressivement d'une gravité amère et lucide.
Charlie Wilson's War de Mike Nichols
L'histoire vraie de ce sénateur débauché qui avait fourni des armes à l'Afghanistan dans les années 80 sans en mesurer les conséquences que l'on sait. Ce vaudeville plein de causticité avec des
acteurs en pleine forme (surtout Philip Seymour Hoffman, déchaîné) bénéficie d'un excellent scénario d'Aaron Sorkin où la politique est vue comme un terrain de drague. Dommage que la mise en
scène manque d'ampleur en se contentant juste d'illustrer l'ironie des situations, même si la fin pleine d'amertume a le bon goût de ne rien expliciter.
Death Sentence de James Wan
Après que son fils soit tué par une bande de racailles sans foi ni loi, Kevin Bacon se transforme en vigilante dans un rôle similaire à celui que tenait Charles Bronson dans les Death Wish.
Dommage que ça soit tout simplement nul, même si je "sauve" une course-poursuite bien nawak dans un parking.
Triangle de Tsui Hark, Ringo Lam, Johnnie To
La réunion des trois génies de Hong-Kong pouvait faire saliver. Mais dans cet exercice de style basé sur le fameux principe des cadavres exquis, chacun se voit évidemment contraint à la
jouer profil bas. Reste donc une certaine dimension ludique dans ce film mineur mais plutôt plaisant.
Smiley Face de Gregg Araki
Une blonde (forcément!) a mangé par inadvertance des Space Cakes et devient complètement stone dans cette sympathique petite comédie sous influences psychotropiques. On est
évidemment loin du magnifique "Mysterious Skin", mais Gregg Araki a bien le droit de s'amuser un peu. Surtout qu'Anna Faris est géniale.
Chers amis lecteurs, cet article ici présent ne fera qu'aggraver ma réputation, car un mois seulement après mon trip à New York, je retraversais encore l'Océan Atlantique pour
cinq jours de grosse glande à Punta Cana, sous le soleil des tropiques.
Une plage à la propreté paradisiaque où il faisait bon s'y baigner le matin, des villas quatre étoiles avec des jacuzzis dans la salle de bains, deux énormes piscines avec un bar à bord pour des
cocktails bien frappés, des buffets à volonté où on pouvait se gargariser comme des bourrins, sans oublier un casino, un bowling et un night-club où les filles du staff t'invitent toujours à
danser, bienvenue dans un monde où le travail et le régime deviennent tes pires ennemis.
On s'est prélassés comme des gros glands en bronzant à 28°C dans la longue plage des cocotiers bien connue pour abriter plusieurs complexes hôteliers de luxe, ce qui est le plus gros repaire
à touristes que j'aie jamais vu... (je précise que je ne suis jamais allé à Eurodisney, hum...)
Je l'assume, c'étaient des vacances parfaitement superficielles, sans aucun intérêt culturel, juste une orgie de farniente, de fiestas et de festins. Mais ça fait foutrement du
bien, croyez-moi. Surtout en janvier.
Et j'adore avoir la peau bronzée. Je voudrais éternellement avoir la peau bronzée.
Je vous ai déjà souhaité bonne année? Oui.
Je vous ai parlé des films sortis en janvier? Ah non...
Ok, allons-y.
Commençons par Aliens vs Predator 2.. hmm, non, Très mauvais départ. C'était même pas un plaisir coupable de série B, mais juste le rien, le néant,
les abysses de la nullité...
Evoquons plutôt le remuant It's a Free World de Ken Loach, qui s'en prend cette fois-ci aux rouages du capitalisme sauvage en dressant le portrait
complexe et ambigu d'une belle blonde tour à tour exploitée et exploitante... Un constat implacable et sans manichéisme où Loach ne juge pas ses personnages, mais plutôt le
système qui les détruit.
Je passe sur Filatures (petit polar hongkongais assez anodin où il ne s'agit justement que de filatures) et 30 jours de nuit (film de vampires soigné mais
très basique) pour évoquer Shotgun Stories, premier film d'un auteur américain plutôt prometteur, avec un pitch qui sent bon la tragédie familiale (lors de l'enterrement
d'un père qui a eu six enfants de deux mariages différents, la première moitié, qui fut reniée et abandonnée, se pointe pour cracher sur la tombe et déclenche un engrenage de haine
entre les deux fratries). Malgré toute l'étonnante maîtrise de la mise en scène, on comprend vite que le film veut nous emmener dans sa spirale de la violence inéluctable, ce qui atténue un peu
son impact. Mais quel plaisir d'y retrouver Michael Shannon, l'inoubliable taré de Bug.
La perle inattendue du mois est sans conteste le sublime California Dreamin' de Cristian Nemescu. Une farce grotesque aux accents tragi-comiques où un chef de gare
roumain s'évertue à bloquer un train de l'OTAN transportant des équipements militaires, provoquant donc une rencontre cocasse entre des soldats américains et des villageois
locaux... Evitant avec panache les pièges de la caricature, Nemescu réussit à faire exister plusieurs personnages tout en livrant une vision lucide et désenchantée sur l'histoire et la
géopolitique. C'est d'une justesse remarquable, c'est follement audacieux, et c'est à voir absolument !
Il s'agit hélas d'un film posthume: Nemescu étant décédé à l'âge de 27 ans dans un accident de voiture alors que le film était en cours de montage... C'est trop con? Oui.
Intéressante expo qui permet de rendre compte de la fragilité du pays entre 1914 jusqu'à la montée du nazisme vers 1936, tout en situant le contexte politique et social de chaque période...
On peut y admirer les magnifiques dessins d'Otto Dix qui frappent pour leur noirceur absolue (il a d'ailleurs a été soldat en 14-18 et relatait l'horreur quotidienne de la guerre dans son carnet
intime), mais aussi des oeuvres de Max Beckmann, Gustav Gross... Une salle est même dédiée aux mutilés de la guerre. Bienvenue en enfer.
- Promenade au Grand Palais
Courbet : l'expo-évenement donc, pour ce grand peintre réaliste français du 19ème siècle. La répartition par
grands thèmes rend l'expo agréable et très fluide. Je ne suis pas fan de tous les tableaux mais tous les gros morceaux valaient en effet le coup : les autoportraits (dont "l'homme
blessé" et "le désespéré"), "l'atelier du peintre", "l'enterrement à ornans", "paresse et luxure", et puis "l'origine du monde" bien
sûr, dont l'impact provocateur résonne encore de nos jours...
Design contre design : Deux siècles de créations évoquées dans cette expo ludique, contenant bon nombre de trouvailles magnifiques que j'ai eu
trop envie d'emporter chez moi pour styliser la décoration de mon appart' qui manque un peu de peps.. D'autres objets faisaient parfois "gadget" mais au moins, c'était plutôt
amusant et original.
SNCF, l'art entre en gare : ouh l'expo bien populiste... je ne retiendrai que la petite partie "art contemporain", rien que pour une sublime installation de
Sophie Calle évoquant une rencontre insolite avec un vieux russe amateur d'échecs qui partageait son compartiment de train. Et puis c'est tout. Le reste n'est qu'anecdotique.
- Fragonard : les plaisirs d'un siècle (Jacquemart-André)
J'attendais beaucoup de cette expo après avoir vu les merveilleux "Quatre Ages de l'Amour" que j'avais vues à la Frick Collection de New York. Amère déception car c'était
vraiment trop court : à peine 7 salles minuscules pour 80 oeuvres au total, qui sont le plus souvent des petits croquis... En revanche, l'hôtel particulier de Jacquemart-André est vraiment
classe, je ne l'avais jamais visité...
- Sacha Guitry, une vie d'Artiste (Cinémathèque française)
A ne conseiller qu'aux fans de Sacha Guitry. Indispensable pour mieux connaître sa vie, son entourage, ses influences, etc... Mais ce n'est pas forcément l'expo idéale pour donner envie de voir
toute sa filmo (donc aux néophytes, je recommande surtout "Le Roman d'un Tricheur" pour sa délicieuse voix-off pleine d'ironie et "Faisons un Rêve", pour sa longue scène d'anthologie où
Guitry parle au téléphone pendant un quart d'heure)
- Edward Steichen (Jeu de Paume)
Passionnante expo sur un photographe de génie, s'illustrant aussi bien dans le glamour le plus chic que dans les photos de guerre, mais aussi dans les portraits et des paysages...
Bref, c'était sublime tout plein, sans aucun doute l'une des meilleures expos de cette année. Je vous encourage à faire des recherches web pour découvrir son oeuvre, ça vaut le coup. Ci-dessous,
une photo de Gloria Swanson, qui deviendra plus tard l'inoubliable actrice de Sunset Boulevard, un de mes films préférés, et une autre du Flatiron Building, le célèbre bâtiment
en forme de "fer à repasser", que j'ai d'ailleurs eu l'occasion de contempler à New York :
- la grosse lose : Aller au Musée du Luxembourg pour l'expo Arcimboldo dont c'était le tout dernier jour, et se rendre compte avec dépit qu'il y a trois heures
d'attente...
Qu'est-ce que funny or die? La particularité du site funnyordie.com est qu'il s'agit d'un genre de YouTube où chacun peut poster une vidéo humoristique qui
devra être soumis aux votes des internautes. Ainsi, les vidéos les plus drôles deviennent les plus populaires. On doit cette brillante idée à Will Ferrell et Adam McKay, le duo responsable
des excellentes comédies régressives que sont Anchorman et Ricky Bobby, injustement trop méconnues en France.
Une vidéo que je trouve génialement absurde, et qui évoque selon moi l'humour des Monty Python est la série des High-Five... Je vous laisse admirer la
chose.
Je dois l'admettre, je ne vais pas souvent au théâtre à mon grand regret, alors à chaque fois que j'y vais, j'en tire toujours une certaine satisfaction, même si le
spectacle s'avère décevant... Contrairement au cinéma, je ne suis pas encore atteint par le fameux syndrôme du gros connaisseur blasé qui ne se laisse pas
surprendre aussi facilement... :)
Ce que je retiendrai en 2007, c'est surtout Cyrano de Bergerac, adaptation enlevée de la mythique pièce de Rostand par Denis Podalydés (que j'adore dans Dieu seul me
voit, peut-être la meilleure comédie française depuis 10 ans, ce qui n'est pas difficile, certes....) avec un extraordinaire et toujours sous-estimé Michel Vuillermoz dans le
rôle-titre.
J'ai également été emballé par Solo et Sombrero de Philippe Découflé, deux magnifiques spectacles visuels de toute beauté, où la danse se mêle avec grâce et
vitalité à des jeux d'ombres et de lumières ainsi que des installations vidéos. Souvent drôle et brillant, toujours très créatif et stimulant.
Mention bien à La Famille de la troupe russe du Teatr Licedei, une grosse farce burlesque sur une famille de clowns complètement cinglée qui s'autorise tout et n'importe
quoi.
Et voilà ce que j'ai du voir au cours de ces derniers mois :
Un chapeau de paille d'Italie au Théâtre du Chaillot
Vaudeville absurde où le bouffage d'un chapeau de paille par un cheval a pour conséquence des situations catastrophiques. Malgré l'abattage de Denis Podalydès, la pièce a du mal à prendre son
envol, la faute à une mise en scène anémique, un rythme assez mal geré et à une décoration totalement inappropriée à l'esprit de la pièce (les machinistes qui débarquent sur scène comme si de
rien n'était, c'est horrible). Cette pièce d'Eugène Labiche avait déjà été adapté au cinéma dans les années 20 par Réné Clair, j'aimerais bien y jeter un oeil.
Le mariage de Figaro à la Comédie Française Un casting de haute volée où dominent les fantastiques Laurent Stocker et Michel Vuillermoz pour une
adaptation efficace mais peut-être un peu trop frénétique de la fameuse pièce de Beaumarchais. Certes, j'avoue avoir été un peu fatigué pendant cette représentation et certaines répliques
ont pu m'échapper tellement ça file à toute vitesse...
Le Misanthrope à la Comédie Française
Je m'attendais à une comédie féroce, où le texte de Molière brille pour son style tranchant et incisif. Hélas, cette adaptation devient trop pesante, inconfortable, et se focalise trop sur la
douleur des personnages... Bon point en revanche pour le décor très étouffant avec ces murs blancs et transparents, qui dessine bien l'hypocrisie sociale... C'était malgré tout intéressant, mais
dommage que ça soit aussi exigeant et aussi austère...
Alors voilà, j'étais à New York du 18 au 24 décembre. Je n'y avais pas remis les pieds après mes grandes vacances aux USA quand j'avais 6 ans et dont je
gardais trois souvenirs :
- le panoramique tout en haut de l'Empire State Building.
- une avenue avec une belle cathédrale mais je ne savais plus laquelle...
- mon papa se faisant piquer un billet de 100 dollars rangé par inadvertance dans la poche arrière de son jean (et d'ailleurs, je me souviens très bien de la tête du black qui marchait
bizarrement derrière nous trois secondes avant son méfait).
Et maintenant que j'y ai récemment passé une semaine encore toute fraîche, New York me manque affreusement...
Cette ville si photogénique, que j'avais vue tant de fois dans des films, mais sans vraiment m'y immerger complètement, ça te donne envie de croire, de vivre, de tomber amoureux... Ouais,
bonjour l'éloge niaiseux.
Non mais sans blague, c'est tellement cosmopolite, les quartiers ne se ressemblent pas, j'adore découvrir au fil de mes promenades une nouvelle ambiance à chaque coin de rue, ça me
convient très bien...
Bon, en tant que touriste superficiel qui ne ressentira jamais NY comme un vrai new-yorkais, j'ai surtout fait les musées prestigieux : le MoMA, le Guggenheim, la Frick Collection, je me suis
vraiment régalé et j'aurais voulu en voir d'autres. La liste de toutes les oeuvres que j'ai pu admirer serait trop longue. Et je ne parle même pas du Metropolitan, tellement gigantesque que
sa visite (même en une journée entière) s'avère forcément frustrante et épuisante...
Ajoutez à cela la folie publicitaire de Times Square, les boutiques fashion de la mythique 5ème Avenue, les herbes enneigées de Central Park, l'agréable tranquillité de Greenwich Village,
l'impressionnant Wall Street, le majestueux Brooklyn Bridge... Et je suis évidemment resté abasourdi devant le Ground Zéro...
Enfin, pour finir, deux petits moments sympatoches que je retiendrai aussi :
- siroter un bon petit cocktail tout en haut de l'hôtel Marriott dans un bar tournant qui offre un panorama à 360°
- la découverte du B&H : un grand magasin photo-vidéo où pratiquement TOUS les vendeurs sont des juifs barbus portant des kippas et boucles de cheveux de chaque côté (ça change de la
fnac, c'est sûr...) Et ils étaient surtout très pros !
Et tant que j'y suis, je voulais poster quelques photos, mais ma mère a emporté l'appareil pour ce week-end, donc ça attendra un peu...
En tout cas, vous l'aurez compris : New York, c'est merveilleux, et cette fois-ci, je n'attendrais plus 20 ans pour y retourner...